Atlas des grandes questions scientifiques sur l’eau en Afrique de l’Ouest et du centre

Le contexte actuel de course effrénée pour les besoins de développement socio-économique se traduit par une augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, participant ainsi au dérèglement climatique. Endommager l’atmosphère et modifier le climat, c’est bouleverser l’équilibre naturel du cycle de l’eau et s’autodétruire. Cela se traduirait par plus de sècheresse, plus d’inondations, plus de réfugiés climatiques, plus de maladies hydriques, plus de pauvreté.

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La sécurité de l’eau pour la paix et le développement est l’un des plus grands défis de notre génération et de celle future. La rareté de l‘eau affecte plus de 40 % de la population mondiale. Les tensions et les crises liées à l’eau sont classées au 3ème rang des dix principaux risques pour l’économie mondiale. Ainsi, cette situation nous pose un grand défi à relever pour l’humanité : l’accès universel à l’eau, qui est d’ailleurs inscrit comme Objectif de Développement Durable (ODD6) dans l’agenda 2030 des Nations Unies.

Dans une situation d’avenir incertain du système climatique mondial, la question du changement climatique et ses impacts sur les ressources en eau, les sociétés et les écosystèmes font l’objet d’une attention particulière au niveau économique, politique et scientifique. Au cours des 60 dernières années, certaines régions africaines (Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est,…) sont particulièrement touchées par des déficits pluviométriques sans précédent.

Les ressources en eau sont les plus affectées par cette variabilité hydro-climatique caractérisée par des étiages sévères et des déficits d’écoulement importants (une baisse de plus de 50% du débit du fleuve Sénégal à Bakel), un tarissement plus rapide des cours d’eau, des déficits de recharge des nappes et une baisse des niveaux piézométriques de plus en plus importants, etc. En effet, dans ces régions déjà fragilisées par le changement climatique, la question de l’eau est cruciale sur tous les aspects liés au développement économique, aux conflits, aux migrations, à la coopération, au dialogue, à la préservation des écosystèmes et à la conservation de la biodiversité pour la survie de l’humanité.

La mise à l’échelle des connaissances sur la ressource, du dialogue et de la concertation dans sa gestion, permet de désamorcer les facteurs conflictogènes et les risques et catastrophes liés à l’eau : intensification des pénuries d’eau, stress hydrique, conditions de vie économique peu viables en milieu rural, explosion de la demande en eau dans les villes suite à une urbanisation incontrôlée et/ou peu planifiée, compétition autour de la ressource. En effet, la production de connaissances et le développement des capacités des acteurs de l’eau sont essentiels pour une meilleure gestion et une planification des ressources en eau. C’est tout le sens donné au 3ème pilier du Pôle Eau Dakar, qui promeut le décloisonnement des connaissances sur l’eau et la diffusion des bonnes pratiques en matière d’hydrodiplomatie. Ainsi, ce 1er volume de l’atlas des grandes questions scientifiques sur l’eau en Afrique de l’ouest et du Centre, est une contribution de plus de 80 chercheurs et enseignants-chercheurs des universités africaines et d’ailleurs, pour lancer ce processus inclusif et favoriser la coopération interuniversitaire autour de la question de l’eau. Structuré en 9 chapitres, cet atlas fourni aux lecteurs, des connaissances et des outils sur les grands enjeux actuels et futurs de l’eau en Afrique de l’Ouest et du Centre :

  • accès universel à l’eau ;
  • sécurité de l’eau, en particulier dans les bassins partagés à travers l’hydrodiplomatie et la coopération autour de l’eau ;
  • maîtrise de l’eau pour le développement local ;
  • disponibilité de l’eau pour les écosystèmes ;
  • prévention des risques hydrologiques ;
  • préservation de la qualité de l’eau ;
  • intégration de l’intelligence artificielle et du digital dans le management de l’eau.

Hamidou Ba

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